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Oui Saison 1

“Oui”, ou le secret de l’acceptation, saison 1

Le premier d’une série d’articles sur le thème de l’acceptation

Il était une fois un homme dans la force de l’âge qui tenait une quincaillerie dans une petite ville de province. Cette affaire familiale, transmise depuis trois générations, trônait fièrement à l’entrée de la grande place centrale, rendant depuis plusieurs décennies de louables services aux habitants de la ville et des villages voisins.

Notre homme passait pour quelqu’un de sage et modeste, gardant en toutes circonstances un calme olympien et arborant un sourire aussi constant que contagieux. Oui, la vie ne l’avait pourtant pas ménagé, lui qui avait perdu très jeune la femme dont il était éperdument amoureux, laquelle avait néanmoins eût le temps de lui donner un fils.

Ce fils adoré devint un jeune homme et se révéla brillant dans les études. Son père imaginait déjà la façon dont sa descendance pourrait contribuer à moderniser l’affaire, quand un beau jour le fils annonça à son père qu’il partait étudier dans la plus grande ville du pays et qu’il n’avait de toutes façons aucune intention de reprendre la quincaillerie. Ayant eu vent de la nouvelle, les fidèles clients devenus amis vinrent rendre visite à notre homme pour déplorer avec lui cette bien folle décision. Mais comme à l’habitude, notre homme gardât sa composition et son sourire, se contentant de cette parole qui faisait sa réputation : « c’est ainsi mes amis… ».

Quelque temps plus tard, un beau matin, notre homme reçu au courrier une lettre officielle qu’il n’ouvrit qu’après avoir bu son café noir. Elle annonçait un événement qui ne s’était jamais produit en quatre-vingt ans d’exploitation de la boutique et qui en eût glacé plus d’un : la visite d’un contrôleur fiscal ! Les mêmes fidèles eurent vent de la nouvelle, vinrent le trouver à l’ouverture de l’après-midi et repartirent presque déçus après avoir entendu une fois de plus le fameux « c’est ainsi mes amis… ».

Il se trouvât que le contrôleur fiscal était une contrôleuse, au demeurant fort belle. Notre homme tomba immédiatement amoureux, et quelques mois plus tard les noces furent annoncées. Les fidèles réunis participèrent à la cérémonie, ironisant sur cette histoire peu banale. « C’est ainsi mes amis » purent-ils entendre encore.

La nouvelle épouse apporta un surcroît de dynamisme dans la quincaillerie. Surtout, elle étonna par son talent insoupçonné pour les affaires et pour la décoration. En un an le magasin se transforma en profondeur, proposant désormais à ses clients une extraordinaire collection d’objets de décoration intérieure, parmi lesquels des petits sets de table colorés qui firent fureur.

Mais ce qui devait arriver arriva. Un jour qu’il feuilletait la presse matinale, notre homme apprit l’ouverture imminente à l’entrée de la ville d’une grande enseigne de bricolage et de décoration. Malgré les promesses de fidélité des clients de toujours, l’activité déclina mois après mois, au point que la cessation devint la seule option. Les fidèles devenus infidèles vinrent rendre visite à leur ami pour pleurer cette funeste fin. Mais une fois encore ce fût un sourire qui les accueillit, accompagné du : « c’est ainsi mes amis… ».

Le fils prodigue ayant eu vent de la nouvelle vint rendre visite à son père et à sa belle-mère. Depuis son départ il avait non seulement conclu de brillantes études mais il s’était aussi spécialisé dans un secteur en plein essor : internet. Au cours du dîner une idée étonnante germât : pourquoi ne pas vendre les fameux sets de table sur internet ? Aidés de leur fils, notre homme et sa femme se lancèrent dans cette nouvelle voie avec entrain. Le sens des affaires et la créativité de l’épouse se révélèrent une fois de plus très précieux, si bien qu’au bout de deux ans ils avaient développé une activité prospère, investissant même dans un entrepôt de stockage tout neuf qui, je vous le donne en mille, trouva sa place en face même du fameux magasin de bricolage. Les fidèles honorèrent notre homme de leur présence lors de l’inauguration, s’imaginant déjà être les témoins d’une fierté triomphante et revancharde. « C’est ainsi mes amis » reçurent-ils pour seul commentaire.

L’activité prospéra, le succès entraînant le succès. L’histoire fit très vite non seulement le tour de la ville mais fût même plusieurs fois racontée dans la presse régionale. Loin de se laisser griser, notre homme ne cessait d’étonner par sa modestie.

Mais un beau jour un nouvel événement bien imprévu survint. Il advint en effet que la fameuse collection de sets de table utilisait un composant chimique qui s’était révélé à la longue nocif pour la santé humaine. La décision de Bruxelles finit par tomber, donnant six mois aux industriels pour modifier la composition de leur produit. Un buzz ravageur sur internet se chargea du reste. En trois mois les ventes s’effondrèrent et les stocks s’accumulèrent dans l’entrepôt. Pour compléter le tableau, l’épouse bien aimée tomba gravement malade, obligeant notre homme à cesser toute activité pour la veiller jour et nuit. Vous imaginez bien la visite des fidèles aux cheveux désormais grisonnants. Et vous imaginez aussi maintenant leur perplexité devant cet homme qui en vers et contre tous garde sa douceur et son calme, se contentant de son légendaire « c’est ainsi mes amis… ».

Ayant déposé le bilan, notre homme se consacra totalement à son épouse qu’il veillât et assista de son mieux dans sa lutte contre la maladie. Le fils prodigue désormais riche venait quant à lui régulièrement voir son père et sa belle-mère malade, profitant d’un bref répit entre deux voyages. Notre homme eût tout le loisir de lire et de réfléchir alors qu’il se tenait des heures durant assis auprès de son épouse. La dureté de sa tâche, qu’il assumait bien volontiers, lui fit un jour imaginer qu’un petit objet connecté pourrait être crée, qui aurait le pouvoir de soulager cette lourde responsabilité et offrirait aux soignants un temps de respiration salutaire. Il en parlât à son fils entrepreneur qui flaira aussitôt l’opportunité.

Quelques mois plus tard la roue avait de nouveau tourné. Le fameux objet connecté avait fait l’objet d’un prototype qui se révélât très prometteur. Une levée de fond fût organisée en vue d’une première industrialisation, laquelle imaginez-vous fût réalisée dans ce même entrepôt où quelques années plus tôt les sets de table avaient été stockés. Le fils décida qu’il prendrait l’affaire en direct, offrant ainsi à son père et à sa belle-mère désormais guérie une retraite bien méritée. Notre homme et son épouse organisèrent alors une belle fête, à laquelle ne manquèrent pas de participer les fidèles aux cheveux maintenant blancs. Que croyez-vous qu’ils entendirent ?

« C’est ainsi mes amis… »

Ainsi se termine cette fable adaptée d’une très ancienne parabole venue d’Orient.

C’est avec cette jolie histoire que j’ai voulu introduire une série d’articles sur le thème de l’acceptation. Ou dirais-je sur ce mot Oui, dont la force se transmet depuis des millénaires à travers tous les grands enseignements spirituels, qu’il s’agisse du Tao, du Bouddhisme, du chamanisme, de l’Islam ou de la foi chrétienne.

Pourquoi écrire aujourd’hui sur ce thème de l’acceptation ?

Parce que je crois que son importance n’a jamais été aussi grande. L’acceptation est non seulement le secret le mieux gardé pour nous donner accès à plus de sérénité et plus de joie, mais il se pourrait bien que ce concept soit aussi la seule véritable porte d’entrée de toute démarche de changement créatif et profond dans un monde en pleine disruption.

Comprendre et apprendre l’acceptation nous concerne donc tous, et peut-être encore plus ceux d’entre nous qui ambitionnent de conduire des changements profonds dans notre vie, dans notre entreprise ou dans la société. C’est un programme pour une vie, mais nous pouvons tous faire l’expérience de progrès très rapides et transformants. C’est l’objet de cette série d’articles sue le thème du “oui” et de l’acceptation.

La recette est simple, voire simplissime : Oui à ce qui est, instant après instant. Ou dit autrement, à chaque instant je suis « Un » avec ce qui est, et non pas « Deux »

Si la recette est simple, son application l’est moins. Ce sera le thème de mon second article qui décortiquera ce mécanisme par lequel notre mental crée généralement un « second ».

Cet apprentissage du « Oui » n’est pas seulement destiné à nous aider dans les grands moments de la vie (comme pourrait le laisser penser notre parabole). C’est un combat salutaire qui se gagne chaque jour, dans les moindres banalités de notre quotidien. Pour vous en convaincre, tentez ceci : la prochaine fois que vous tombez dans un embouteillage alors que vous vous rendez à un rendez-vous important, faite l’expérience de dire « Oui, 100% oui à ce qui est. Pas 99,9%, 100% ». Ce qui est, c’est l’embouteillage, et à cet instant précis il ne peut pas ne pas être. Que se passe-t-il ? Que ressentez-vous ? Qu’est-ce qui devient possible ?

Convaincus ? Alors voici le challenge. Durant une semaine, montez le volume de la vigilance et identifiez les centaines de fois où votre mental dit « non »….

A bientôt pour la suite.

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4 Commentaires. En écrire un nouveau

  • Tout dabord très belle fable que je pourrais réutiliser en préambule dans mes futures formations si tu le l’autorise et j’attends en détail l’explication du “je suis un avec la situation” et du du “deux “qui est un principe binaire pour s’élever au ternaire et donc atteindre le 3. A quoi sert donc t-il , peut-être le “tout”

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  • Pour de belles histoires
    comme celle-ci,
    je dis OUI 🙂

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  • Merci Yves pour ton commentaire !
    Oui bien sûr n’hésite pas à utiliser cette fable, c’est fait pour ça !
    Pour ta question, je te renvoie en effet à la saison 2 ! d’ici trois semaines environ…. 🙂

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  • Marie-Christine
    13 mars 2018 18 h 50 min

    Ah Antoine, tu soulèves un vaste débat avec ce très joli conte philosophique. L’acceptation individuelle et le lâcher-prise, oui, mais il faut aussi savoir se battre à bon escient contre les injustices, les dérives, ce qui révolte notre conscience… Hâte de lire les prochains chapitres !

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