Lorsqu’un dirigeant rencontre une difficulté, il cherche généralement des explications dans son environnement :
Tous ces éléments précédemment cités jouent évidemment un rôle important. Pourtant, dans les accompagnements que nous réalisons chez Serensys, nous observons régulièrement une réalité plus discrète mais souvent beaucoup plus déterminante.
Les principaux freins au développement du leadership ne se trouvent pas toujours à l’extérieur. Ils se trouvent parfois dans les croyances que les dirigeants portent depuis des années sans même en avoir conscience.
Ces croyances influencent la manière de décider, de manager, de déléguer, de communiquer ou encore de piloter une transformation.
Le problème est que ces croyances sont rarement remises en question.
Et pourtant, ce qui a permis de réussir à un moment donné peut parfois devenir un frein à l’étape suivante.
Dans les entreprises, les dirigeants investissent beaucoup dans le développement de leurs compétences :
Mais une compétence ne produit des résultats que lorsqu’elle est réellement utilisée. Et c’est précisément là que les croyances entrent en jeu.
Prenons l’exemple d’un dirigeant qui a appris à déléguer. Sur le papier, il comprend parfaitement les bénéfices de l’autonomie et de la responsabilisation. Pourtant, dans les faits, il continue à reprendre les dossiers importants ou à vérifier chaque détail.
Pourquoi ? Parce qu’une croyance plus profonde est à l’œuvre :
Dans ce cas, la difficulté ne vient pas d’un manque de compétence. Elle vient d’une croyance qui influence directement les comportements. C’est ce qui rend le travail sur les croyances particulièrement puissant dans le développement du leadership.
Certaines croyances reviennent régulièrement dans les accompagnements de dirigeants. Elles prennent des formes différentes mais reposent souvent sur les mêmes mécanismes. Par exemple :
Ces croyances ne sont pas nécessairement fausses. Elles peuvent même avoir été utiles à certains moments du parcours professionnel. Mais lorsqu’elles deviennent rigides, elles limitent progressivement les possibilités d’évolution :
La première difficulté est que les croyances sont souvent invisibles. Elles agissent en arrière-plan. Elles orientent les comportements sans attirer l’attention. Pour les identifier, il est utile d’observer certaines situations qui reviennent régulièrement.
Par exemple :
Derrière chacune de ces situations se cache souvent une croyance.
Imaginons un dirigeant qui peine à déléguer. Le problème apparent concerne la répartition des responsabilités. Mais en creusant davantage, une croyance apparaît : « Si je ne supervise pas personnellement, les choses risquent de mal se passer. »
La croyance devient alors visible. Et ce simple constat constitue déjà une première avancée importante car il est difficile de transformer ce que l’on ne voit pas.
Une fois la croyance identifiée, le travail consiste à la questionner. C’est souvent l’étape la plus déstabilisante parce qu’une croyance ancienne ressemble rarement à une hypothèse. Elle ressemble à une vérité. Pourtant, toute croyance mérite d’être examinée.
Quelques questions peuvent aider :
Prenons l’exemple d’un dirigeant convaincu qu’il doit toujours apporter les réponses.
En explorant cette conviction, il découvre souvent que les moments où il n’avait pas toutes les réponses n’ont pas fragilisé son leadership. Au contraire, ils ont parfois favorisé davantage de coopération et d’intelligence collective.
Cette prise de conscience permet progressivement de desserrer l’emprise de la croyance.
L’objectif n’est pas de supprimer une croyance. Il s’agit plutôt de la remplacer par une représentation plus adaptée au contexte actuel. Cette évolution du regard participe au recalibrage global du dirigeant.
Par exemple :
Au lieu de : « Je dois avoir toutes les réponses. » → Le dirigeant peut progressivement adopter : « Mon rôle est de créer les conditions pour que les bonnes réponses émergent. »
Au lieu de : « Je dois tout contrôler. » → Il peut évoluer vers : « Je peux développer l’autonomie sans perdre en exigence. »
Au lieu de : « Montrer mes doutes me fragilise. » → Il peut découvrir que : « Mon authenticité renforce la confiance. »
Ces nouvelles croyances ouvrent de nouvelles possibilités d’action. Elles permettent d’expérimenter d’autres comportements. Elles créent davantage de souplesse dans l’exercice du leadership.
Lors d’un accompagnement, un dirigeant nous expliquait être constamment débordé malgré une équipe compétente.
À première vue, le problème semblait organisationnel. Pourtant, en explorant davantage la situation, une croyance est apparue : « Un bon dirigeant doit être impliqué dans tous les sujets importants. »
Cette conviction guidait inconsciemment une grande partie de ses comportements :
Au fil de l’accompagnement, cette croyance a été progressivement remplacée par une autre : « Un bon dirigeant développe la capacité de son organisation à fonctionner sans lui. »
Cette évolution de regard a profondément modifié sa posture :
Les entreprises investissent beaucoup dans les transformations.
Ces évolutions sont importantes mais elles restent souvent insuffisantes lorsque les comportements ne changent pas, or les comportements sont largement influencés par les croyances. C’est pourquoi les transformations les plus durables commencent souvent par une évolution du regard porté sur soi-même, sur son rôle et sur son leadership.
Lorsque cette évolution se produit, les comportements changent naturellement et lorsque les comportements évoluent, les résultats suivent.
Chez Serensys, nous sommes convaincus que le développement du leadership ne consiste pas uniquement à acquérir de nouvelles compétences. Il consiste aussi à identifier les croyances qui limitent notre potentiel et à faire évoluer notre manière de voir les situations.
Les dirigeants les plus performants ne sont pas ceux qui restent attachés à leurs certitudes. Ce sont souvent ceux qui continuent à questionner leurs habitudes, à faire évoluer leur posture et à apprendre tout au long de leur parcours. Parce qu’au fond, les plus grandes transformations ne commencent pas toujours par une nouvelle stratégie.
Elles commencent souvent par une nouvelle manière de regarder le monde.
La compréhension de vos enjeux et de votre organisation nous permet de vous proposer un accompagnement sur-mesure.